À propos des autres types de stockages (non géologiques)

Le principe du stockage géologique du CO2 ne doit pas être confondu avec d’autres propositions avancées pour lutter contre le réchauffement climatique.

 Le stockage dans les océans

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Stockage océanique
Schéma des méthodes de stockage océanique.

Le stockage océanique du CO2 ne doit pas être confondu avec le stockage géologique du CO2 dans des aquifères sous l’océan, comme à Sleipner. La piste du stockage océanique pour lutter contre l’effet de serre est abandonnée. Elle consistait à injecter le CO2 directement dans les océans à une profondeur de 1 000 mètres, de manière à former des lacs de CO2.

L’injection de quelques gigatonnes de CO2 modifierait de manière sensible la chimie des eaux dans la zone concernée, tandis que l’injection de centaines de gigatonnes produirait des changements plus marqués dans la zone environnante, suivis de modifications mesurables dans le volume total de l’océan. L’augmentation de la teneur en CO2 peut nuire aux organismes marins. Une mortalité immédiate surviendrait à proximité des points d’injection ou des lacs.

Même si l’innocuité de cette option était avérée, celle-ci soulève des questions juridiques délicates vis-à-vis de la réglementation internationale sur le rejet des déchets en mer, ainsi que des problèmes d’acceptabilité par une opinion publique déjà très préoccupée par la préservation de l’environnement marin.

Quelques expériences de taille modeste ont été réalisées. Une expérience pilote d’injection de CO2 au large de Hawaï, aux États-Unis, pourtant à une échelle très réduite, a été annulée à la suite de pressions médiatiques de groupes environnementalistes.

 Le stockage dans la biomasse

Le stockage géologique du CO2 est également souvent confondu avec le stockage du CO2 par la biomasse (ou séquestration biologique).

La séquestration biologique recouvre deux pratiques : l’afforestation (création de forêt) et l’évitement de la déforestation. Les arbres constituent un important puits de carbone   naturel au niveau planétaire. Ils accumulent le carbone du CO2 par photosynthèse lors de leur croissance. Le carbone représente en moyenne 20 % du poids d’un arbre (jusqu’à 50 % pour les bois denses tropicaux). En théorie, une forêt stable absorbe à peu près autant de carbone qu’elle n’en émet [1]. Actuellement, les forêts tempérées accumulent le carbone, les forêts tropicales étant souvent à l’équilibre.

Une forêt tempérée peut stocker jusqu’à 153 tonnes de gaz carbonique à l’hectare, et une prairie ou une forêt tropicale 243 tonnes (en grande partie dans le sol dans le cas des prairies). Planter une forêt en lieu et place d’une prairie n’est donc pas forcément une bonne solution. Il ne faut pas négliger également la lenteur des processus : la pousse d’une forêt à maturité peut prendre un siècle.

Cette technique de lutte contre les gaz à effets de serre est séduisante, mais les capacités de stockage ne sont pas forcément du même ordre que pour le stockage géologique.

 Le stockage dans le sol

Une autre pratique est la séquestration dans les sols. Les sols stockent en effet de grandes quantités de carbone. Cette capacité de stockage diminue par diverses techniques agricoles, dans les sols agricoles labourés surtout. De meilleures pratiques permettraient de stocker plus de CO2 dans le sol.

La contribution de ces stockages biologiques semble faible en regard des objectifs.

[1] Contrairement à une idée courante, la forêt amazonienne ne capte pas de CO2. Par contre, son déboisement en émet en grandes quantités.

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