Combien coûtera le captage et stockage du CO2
Bien évidemment, capter et stocker le CO2 coûtera bien plus cher que de simplement le lâcher dans l’atmosphère. Les chiffres les plus souvent avancés vont de 30 à 60 € la tonne de CO2 évité. Il est néanmoins extrêmement difficile d’estimer le surcoût pour une opération donnée.
Un coût sûr et incertain

- Réduire les coûts
- Les estimations générales donnent un coût de 60 € par tonne de CO2 évitée, sans tenir compte de situations locales favorables (émission de CO2 très pur, récupération assistée d’hydrocarbure). L’objectif est un coût de 15 €/t.
Le coût de la filière complète du captage au stockage est généralement évalué à 60 € par tonne de CO2 évitée. Cette valeur est néanmoins extrêmement dépendante des caractéristiques du projet industriel. Un site de stockage proche du site de captage, une grande quantité de CO2 à stocker, une émission industrielle à forte concentration en CO2 et avec peu d’impuretés, la possibilité d’une récupération assistée d’hydrocarbures, peuvent abaisser significativement le coût à la tonne.
CO2 stocké, CO2 évité

- CO2 stocké, CO2 évité
- Le CO2 évité n’est pas le CO2 capturé. La différence provient de l’émission supplémentaire due aux processus de captage & stockage.
Le captage du CO2 nécessite d’utiliser de l’énergie supplémentaire, elle-même génératrice de CO2. Les émissions de CO2 évitées sont calculées en faisant la différence entre une centrale sans captage et une centrale avec captage, qui consomme plus d’énergie. En raison de ce mécanisme, la quantité de CO2 capté est toujours supérieure à la quantité de CO2 évité.
Rendre le captage et stockage du CO2 bon marché
Il y a deux manières complémentaires de donner au stockage géologique un intérêt économique.
L’on peut réduire les coûts de la filière. L’effort porte surtout sur le captage, puisqu’il représente 85 % du coût (en considérant le prix de la séparation du CO2 et sa compression).
L’autre solution est de donner un coût au CO2 émis. En effet, tant que le rejet des gaz à effet de serre dans l’atmosphère sera gratuit, les techniques de lutte contre ces émissions seront défavorisées économiquement.
Lorsque les coûts de la filière et le prix du CO2 émis seront les mêmes, le CSC deviendra rentable. En attendant, pour permettre le déploiement de la technologie, il est nécessaire de subventionner les projets pendant la phase de démonstration.
C’est pour cela que l’Union européenne a établi, au 1er janvier 2005, un système d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre , l’ETS. La première phase, de rodage, a duré de 2005 à 2007 ; la seconde a commencé en 2008 et s’achèvera en 2011.
Tous les ans, chaque installation assujettie à ce marché doit comptabiliser ses émissions réelles de CO2. Celles-ci doivent être inférieures à la valeur fixée par le Plan national d’allocation des quotas (PNAQ), sous peine d’amende. Si l’industriel dispose de quotas non utilisés, il peut les mettre en réserve pour les années suivantes (à l’intérieur d’une même phase) ou les vendre sur le marché.
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