Le devenir du CO2 stocké

Après son injection, le CO2 va subir une suite de changements physiques et chimiques très lents, qui accroissent la sécurité du stockage à très long terme.

 Piégeage structurel

Le CO2 tout juste injecté est plus léger que l’eau, il remonte donc à travers les pores de la roche réservoir   jusqu’à la couverture  , la roche imperméable recouvrant le réservoir  . L’excellente imperméabilité de la couverture   est par conséquent une condition sine qua non à l’autorisation de stockage.

La couverture   peut être concave (on parle d’antiforme). C’est le cas de la plupart des réservoirs   pétroliers, où les hydrocarbures se sont retrouvés piégés dans leur remontée par une couche imperméable en forme de cloche.

La couverture   peut être également plane, voire légèrement convexe. Dans ce cas, le piégeage structurel peut quand même être assuré par confinement latéral, soit par des failles, soit par des roches imperméables (changement de faciès ou discordance), bloquant la remontée du CO2.

Enfin, on peut imaginer un piégeage dans un réservoir   sans confinement latéral, où le temps nécessaire à la remontée du CO2 serait bien plus grand que celui exigé par les piégeages suivants.

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Principales configurations de piégeage structurel
Piégeages, de gauche à droite et de haut en bas : 1) par faille, 2) sous anticlinal (antiforme), 3) par discordance, 4) par changement de faciès.

 Piégeage résiduel

Généralement, les pores de la roche du réservoir   sont si étroits que le CO2 qui s’y loge ne peut plus en ressortir, malgré la différence de densité avec l’eau environnante. Ce mécanisme bloque de manière pérenne la migration   de CO2 mais n’immobilise qu’un faible pourcentage du CO2 injecté.

 Piégeage par dissolution

Une petite partie du CO2 injecté se dissout dans l’eau salée du réservoir  . Cette eau enrichie en carbonate   et hydrogénocarbonate est plus lourde que l’eau d’origine du réservoir   et a donc tendance à redescendre au fond du réservoir  .

La vitesse de dissolution du CO2 dépend de la surface de contact avec l’eau. De plus, la quantité qui peut se dissoudre ne peut pas dépasser la concentration à saturation du CO2 dans l’eau. Toutefois, suite au mouvement ascendant du CO2 injecté et au mouvement descendant de l’eau “alourdie en CO2”, le contact entre l’eau et le CO2 est continuellement renouvelé. Cela augmente la quantité de CO2 dissoute.

Ces mécanismes sont relativement lents car ils ont lieu dans l’étroitesse des pores. Des estimations sur le projet Sleipner   indiquent qu’environ 15 % du CO2 injecté est dissous au bout de 10 années.

 Piégeage minéral

Le CO2, particulièrement quand il est dissous dans l’eau, peut réagir avec les minéraux de la roche. Certains se dissolvent à son contact, tandis que d’autres précipitent. Ce processus, qui conduit à une sécurité maximale du stockage, est malheureusement extrêmement lent. On prévoit pour le projet Sleipner   qu’au bout de 10 000 ans, seuls 5 % du CO2 injecté devrait être minéralisé, les 95 % restants étant dissous.

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