Le stockage en gisement épuisé d’hydrocarbures

Les gisements d’hydrocarbures (gaz ou pétrole) sont des cibles pour le stockage géologique du CO2, certes de volumes plus petits et plus localisés que les aquifères, mais qui possèdent certains atouts.

Les aquifères abritent parfois localement des gisements de pétrole et de gaz, quand l’eau de l’espace intergranulaire de la roche est remplacée par des hydrocarbures.

 Les avantages

Ces réservoirs   ont souvent fait l’objet d’exploitation pétrolière. Leurs structures sont connues et bien étudiées. Ils sont en outre dotés d’infrastructures (puits, gazoducs…) souvent adaptables aux besoins du stockage géologique. Enfin, l’existence même de ces gisements démontre la capacité du site à retenir des fluides, tout au moins des hydrocarbures, pendant des millions d’années.

Pour toutes ces raisons les gisements d’hydrocarbures en fin de vie sont de bons candidats pour stocker du CO2. Cependant, les capacités sont relativement faibles par rapport aux aquifères salins profonds et les sites sont souvent dans des régions lointaines des grands centres d’émissions de CO2.

 La récupération assistée  

Schéma du principe de récupération assistée- JPEG - 54.3 ko
Schéma du principe de récupération assistée  
Principe du procédé de récupération assistée   du pétrole qui permet d’améliorer la production des gisements d’hydrocarbures en voie d’épuisement.

voir également la récupération assistée de méthane de veine de charbon

L’industrie pétrolière procède depuis le début des années 1950 à l’injection de CO2 dans un cas particulier : la récupération assistée  , nommée également EOR à l’anglaise. Ce procédé a permis de doubler le taux de récupération du pétrole en place dans les gisements.

La technique consiste à injecter, dans un réservoir   d’hydrocarbures exploité, du CO2. Celui-ci d’une part permet de maintenir la pression du réservoir  , et d’autre part se dissout dans le pétrole, ce qui en diminue la viscosité et facilite son déplacement vers l’extraction.

Une partie du CO2 finit toujours par remonter à la surface emportée par le mélange de pétrole, d’eau et de gaz. Séparé, il peut être relâché à l’air libre ou réinjecté en boucle. Aujourd’hui, le CO2 utilisé provient en grande part de gisements naturels.

Il suffit d’adapter le procédé pour s’assurer que le CO2 reste dans le réservoir   et ne ressorte pas avec les hydrocarbures extraits. Grâce à l’augmentation de production de gaz ou de pétrole, il y a alors un bénéfice économique qui rend le stockage de CO2 moins coûteux.

 En France

En France, le Bassin parisien représente une cible intéressante dans le cadre du stockage en gisements d’hydrocarbures : les données qui caractérisent les réservoirs   pétroliers sont relativement bien documentées et permettent de proposer des estimations des capacités potentielles assez précises.

Les autres bassins sédimentaires français peuvent également renfermer des cibles intéressantes.

Le gisement de gaz naturel de Lacq est d’ailleurs le premier pilote de stockage géologique du CO2 en Europe à terre.

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