Transporter le CO2
Le transport du CO2 par canalisation ou navire ne pose pas de problème technique ; il reste cependant à construire et gérer un réseau d’acheminement du CO2 des lieux d’émissions aux sites de stockage.
Avant le transport
Après son captage, le CO2 doit être déshydraté et comprimé afin d’améliorer l’efficacité du transport et du stockage.
La déshydratation évite la corrosion de l’équipement et des infrastructures et, à haute pression, la formation d’hydrates (cristaux solides semblables à de la glace qui pourraient boucher les équipements et les canalisations).
La compression a lieu en même temps que la déshydratation en plusieurs étapes (cycles répétés de compression, refroidissement et séparation de l’eau). La pression, la température et la teneur en eau doivent être adaptées au mode de transport et aux conditions de pression requises par le site de stockage. La technologie de compression existe et est largement utilisée dans de nombreux domaines industriels.
Le transport
Deux moyens de transports sont proposés.
Par bateau
Des navires, proches de ceux transportant le gaz de pétrole liquéfié (GPL), peuvent être utilisés pour les longues distances et en particulier dans le cas du stockage sous le fond océanique. Le CO2 y est transporté en phase liquide à pression modérée et basse température (environ 20 bar et -20 °C).
Par canalisation terrestre et maritime
Le transport du CO2 par canalisation ne pose pas de problème fondamental non plus. Le CO2, largement inerte, est déjà transporté par canalisation pour des activités de récupération assistée de pétrole. Chaque année, environ 3 000 km de canalisations transportent près de 50 000 000 t CO2, essentiellement aux États-Unis.
Le CO2 est transporté à l’état supercritique . On étudie également le transport par canalisation de CO2 liquide (environ 10 bar et -40 °C).
Axes de recherche
Maîtriser les impuretés
Selon le type de combustible ou les procédés de dépollution utilisés, différents types d’impuretés peuvent se retrouver dans le gaz à transporter.
Si le captage se fait en postcombustion, le gaz carbonique peut contenir des oxydes d’azote et de soufre, à faible concentration. Dans le cas d’oxy combustion, on y retrouve en plus de l’oxygène et de l’azote. En précombustion, de l’hydrogène et du gaz naturel viennent s’ajouter. D’autres impuretés, comme des traces d’hydrocarbures ou de solvants, peuvent encore en perturber la nature. La présence d’impuretés non seulement réduit d’autant les capacités de stockage en CO2, mais change également les propriétés physiques, chimiques et thermodynamiques du gaz transporté et injecté. Le mélange de gaz peut alors être corrosif ou beaucoup moins compressible que le CO2 pur.
Optimiser le coût du transport
Le coût de transport du CO2 par canalisation varie entre 0,5 et 10 €/t/100 km. en fonction de la nature des zones traversées par les gazoducs. Dans le cas du transport par navire, des estimations montrent que ce type de transport pourrait être économique sur de longues distances bien qu’il nécessite des stockages tampons importants.
Franchir les obstacles réglementaires
Le transport du CO2 à grande échelle devra s’accompagner de nouvelles normes de sécurité, afin de respecter des considérations d’ordre environnemental et sociétal.
Dans la même rubrique
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